Dmitri Diatchenko – Le Dernier preux (2017)

kinopoisk.ruUn Disney russe ! Eh oui, cela existe bel et bien : la filiale russe de Disney a produit en 2017 Le Dernier preux (Последний богатырь), de Dmitri Diatchenko, un film de fantasy qui pourrait faire peur, mais qui s’avère au final fort sympathique.

Ivan est un jeune homme installé dans les quartiers luxueux et modernes de Moscou. Son métier ? Magicien. Ou du moins c’est ce qu’il prétend être. Il participe à des émissions de télé et chasse les ondes négatives des gens assez crédules pour le payer pour ça. Un genre de Messmer russe. Et il en vit bien.

Mais voilà qu’un jour les hommes de main d’un homme qui souhaite le voir arrêter de pigeonner les gens, le prennent en chasse. Alors qu’il s’enfuit dans un centre de loisir, il s’élance dans le toboggan d’une piscine et se retrouve… dans un autre monde. Un monde où tout le folklore russe prend vie, et notamment les preux (bogatyrs) légendaires. Enfin presque, car le dernier d’entre eux, Aliocha, vient d’être transformé en statue par une puissante sorcière, Varvara, l’épouse de Dobrynia. Ivan est jeté dans un cachot, où il fait la connaissance de Kochtcheï l’Immortel. Si immortel que pour le neutraliser, on l’a découpé en morceaux et congelé.

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Peu après, un groupe de soldats arrive et jette en cellule la célèbre Baba Yaga. Visiblement, rien ne va plus dans le monde des contes de fées.

dernierbogatyr2Le Dernier preux use d’un principe bien connu de la fantasy : un héros est précipité dans un monde merveilleux et doit y accomplir des exploits. C’était déjà le principe du Monde de Narnia de C. S. Lewis, porté à l’écran en 2005 par Andrew Adamson. Et le film de Diatchenko n’a pas à rougir de la comparaison : son film est vif, enlevé, plein d’aventure et de bons sentiments (on est, comme avec Narnia, dans le registre de l’œuvre pour la jeunesse), et surtout plein d’humour.

dernierbogatyr3Un humour très proche des dessins animés des studios Melnitsa sortis entre 2004 et 2007, ayant eux aussi les bogatyrs pour héros, en les traitant à la manière d’un Astérix. Ici, l’humour se base essentiellement sur le contraste entre les personnages issus du folklore, et Ivan, un type pas bien méchant mais que ça n’a jamais gêné de truander les autres, et qui surtout se croit dans le coma et réagit au début comme un crétin aux situations auxquelles il est confronté.

Au final, Le Dernier preux est un film tout à fait distrayant, servi par une très belle image et un scénario bien construit.

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Peter Fleischmann – Il est difficile d’être un dieu (1989)

L’art de coproductions internationales est difficile. Si de notre point de vue Eolomea, qui mettait en action une équipe et des acteurs venus de nombreux pays, était une réussite, Il est difficile d’être un dieu de Peter Fleischmann (Трудно быть богом, 1989, sorti en France sous le titre de Un Dieu rebelle) a longtemps eu la réputation d’un film raté. Il faut dire que Jean-Claude Mézières, le dessinateur de Valérian, qui était chargé des story-boards et du design des costumes, ne se priva pas d’en parler comme d’un « grand film malade », et que de leur côté, les frères Strougatski avaient protesté contre le fait que ce soit Fleischmann qui soit chargé de la réalisation, eux qui avaient toujours voulu Alexeï Guermann.

Trudno1Qu’en est-il exactement ? Sur une planète lointaine, il existe une civilisation qui pourrait être celle de l’Europe à la fin du Moyen Âge. Les premiers savants humanistes commencent à percevoir l’univers comme autre chose qu’une création divine. Mais dans un royaume, Arkanar, une milice aux ordres de Reba, conseiller du roi, emprisonne et assassine tous les intellectuels. Observateurs de cette situation, des Terriens, envoyés par un institut d’histoire, sont là pour enregistrer tout. Pour cela, ils occupent une base orbitale, mais aussi ils envoient des hommes chargés de s’intégrer dans la société, et de tout voir, sans pour autant intervenir. Anton (Alan dans la version internationale), est l’un d’eux. Il se fait passer pour Roumata d’Estor, un noble d’une lointaine province fraîchement arrivé dans la capitale. Mais très vite, Anton ne va plus pouvoir supporter cette situation, au point de vouloir sauver à tout prix un éminent savant.

Trudno2Il est difficile d’être un dieu n’est pas un chef-d’œuvre. Il sent son époque, notamment au niveau sonore, alors que la musique fleure bon les années 80. On notera aussi quelques maladresses : comment expliquer que des êtres qui ont voyagé d’une étoile à l’autre se servent d’un simple hélicoptère militaire à peine maquillé pour ensuite explorer l’autre planète ?

Trudno4Mézières était déçu par les costumes, déclarant que l’équipe soviétique n’avait finalement pas fait grand usage de ses dessins, mais pourtant ceux que l’on voit dans le film sont parfaitement adaptés au propos. Lorsque l’on jette un œil aux esquisses, on note un raffinement qui n’a pas sa place au royaume d’Arkanar, où la brutalité fait loi. Cette brutalité, Fleischmann la rend parfaitement bien, par les décors, crasseux à souhait, et par les personnages, tout aussi crasseux. Jusqu’aux dernières minutes, il est parfaitement fidèle, jusqu’à la servilité, au propos des frères Strougatski. Il ajoute cependant un élément absent du roman : à plusieurs reprises, il nous fait part des remarques des observateurs orbitaux, qui, par l’œil d’Anton, vont eux aussi se mettre à éprouver des sentiment et à vouloir agir.

Trudno3Pas un chef-d’œuvre, certes, mais finalement un bon film, une heureuse surprise, servie par un casting international proprement hallucinant, formé d’acteurs de pas moins de sept nationalités différentes (Russie, Ukraine, France, Pologne, Autriche, Allemagne, Géorgie) ! Il fallait quand même être un bon réalisateur pour faire jouer tout ce monde-là sans que ça parte dans tous les sens.

Longtemps indisponible, le film est finalement sorti en DVD il y a quelques années : nous ignorons ce qu’il vaut, ayant vu la version russe.

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Alexandre Melnik – Terra Nova (2008)

kinopoisk.ruDans un futur très proche (2013, nous dit le film, sorti en 2008 : c’est donc déjà une uchronie), la peine de mort a été abolie partout dans le monde. Mais dans les prisons, on ne sait plus quoi faire des détenus condamnés à vie. Aussi lance-t-on un programme international expérimental, Terra Nova : des détenus sont choisis pour fonder une colonie sur une île de l’Arctique. On leur fournit des baraquements, du matériel, des vivres pour trois mois, et on laisse au large une balise que ceux qui souhaitent revenir en prison peuvent activer. Ils sont débarqués là, et on les y laisse seuls. Libre à eux de s’organiser comme ils le souhaitent.

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Mais évidemment, on découvre vite que la Terra Nova (Новая Земля) montrée par le réalisateur Alexandre Melnik, n’est pas du tout une Terre Promise, et qu’une société pareille peut dériver vers les pires horreurs. Dès le départ, un groupe de Tchétchènes tente de mettre la main sur la colonie. Mais il est éliminé lors d’une bagarre générale. Peu après, un ancien pilote, Ivan Jiline, s’enfuit à l’intérieur de l’île avec un sac de provision. Il est rejoint quelques jours plus tard par un ancien compagnon de cellule, un doux dingue. Ensemble, ils vont tâcher de survivre au froid et à la fin. Au bout de deux mois, cependant, ils sont contraints de rejoindre la colonie, laquelle est devenue un enfer sur Terre.

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Voilà un film particulièrement fort. Cruel, même. Il part d’un postulat qu’on entend régulièrement sans les conversations de bistrot : « mais pourquoi on ne laisserait pas se débrouiller seuls sur une île », pour aboutir à la conclusion qu’entre ça et la peine de mort, on se demande quel est le procédé le plus barbare. Cette microsociété, formée de ceux qu’on a considérés comme les pires criminels (même si jamais on ne nous parle des crimes de ceux qui sont dans la colonie – ça n’a d’ailleurs pas d’intérêt), ne peut s’apaiser que lorsqu’elle élimine physiquement les plus brutaux. Mais cela signifie alors qu’il faut devenir aussi bestial et cruel qu’eux.

kinopoisk.ruServi par une belle réalisation (même si l’on peut regretter quelques effets numériques ratés sur la fin), et des acteurs exceptionnels, et basé sur un scénario très bien construit (scénario d’Arif Aliev, à qui l’on doit ceux des excellents 1612 et Mongol), Terra Nova est un film dérangeant, qui fait mal et dont la conclusion s’avère particulièrement douloureuse. C’est en définitive un film bien plus dur que n’importe quel film d’horreur, car il questionne directement les aspects les plus malsains de notre société.

Il n’y a pas de version française de Terra Nova, mais on peut trouver un DVD avec une version anglaise.

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Roustam Mossafir – Le Scythe (2018)

kinopoisk.ruNous n’attendions rien de particulier du Scythe (Скиф– 2018) de Roustam Mossafir. Depuis quelques années, les films pseudo-historiques sur le Moyen Âge russe sont légion, et ils sont loin d’être toujours bons, et il était difficile de se faire un avis sur le réalisateur, qui n’a encore que peu de choses à son actif.

Et pourtant, Le Scythe est une excellente surprise. Nous sommes au temps où le prince Oleg fils de Sviatoslav règne sur la principauté de Tmoutarakan, au nord de la mer Noire.

kinopoisk.ruPour cela, s’il s’est allié à des Polovtses, des cavaliers turcophones, qui n’attendent qu’une chose : pouvoir se débarrasser de lui. Lorsqu’une ambassade venue de Kiev arrive, Oleg fait l’objet d’une tentative d’assassinat, déjouée par son garde du corps, Lyoutobor. Ce dernier rentre ensuite chez lui, où se femme vient d’accoucher. Mais dans la nuit qui suit, de mystérieux guerriers, déguisés en musiciens ambulants, enlèvent la femme et le bébé de Lyoutobor. Pire : quand il rejoint le palais d’Oleg, on l’accuse de tentative d’assassinat. C’est du moins la version officielle : Oleg a fait semblant d’être empoisonné, pour accuser Lyoutobor et forcer ses véritables ennemis à se montrer.

kinopoisk.ruLyoutobor s’enfuit. Il s’associe à l’un des assaillants de sa demeure, qui avait été capturé, et le force à le guider vers les siens, au fin fond de la steppe.

kinopoisk.ruLe Scythe est en Russie un film qui a été interdit aux moins de 18 ans, et on comprend dès les premières minutes pourquoi : il y a sans doute autant de morts que de minutes de pellicule. Ce film est extrêmement violent, sauvage, brutal. Mais on aurait tort de s’arrêter à ça. La réalisation est d’une vivacité rare, et, contrairement à nombre de films d’action de ce genre, elle n’abuse pas des effets de ralenti : les combats y sont d’autant plus crus. De plus, la photographie est magnifique, et un soin tout particulier a été apporté aux costumes et aux maquillages, qui sont superbes.

kinopoisk.ruLe scénario quant à lui est d’une efficacité remarquable, il est même retors à souhait et nous épargne le traditionnel happy end des films de ce genre, préférant une fin ambiguë et ouverte.

C’est un monde cru, sale, empli de sang et de sueur, que nous présente Roustam Mossafir. Mais, il faut bien le noter, un monde qui n’a jamais existé : Le Scythe est un film de fantasy, et il est tout à fait vain d’y voir un film historique. La magie est bien présente, même si c’est par petites touches. Les anciens dieux sont toujours là et le christianisme n’est qu’une façade. Les populations que l’on croise, telles que le peuple de la forêt, adorateur de Veles, sont fantaisistes, de même que cette tribu scythe, formée des ultimes survivants des antiques occupants de la steppe.

Le Scythe est en fait l’hybride parfait d’un Mad Max de George Miller et de Hero de Zhang Yimou. Quand on pense que le film russe a été doté d’un budget de moins de deux millions d’euros, on peut rester songeur.

Nous ignorons ce que vaut le DVD français de ce film, sorti sous le titre de Rage. Sans doute est-il, comme tous les autres, traduit de l’anglais. Mais nous noterons pour une fois que le changement de titre est bienvenu, car il y a énormément de rage dans Le Scythe.

Richard Viktorov – Les Adolescents de l’univers (1974)

C’est avec un peu de retard finalement que j’aborde la suite de Moscou-Cassiopée, avec Les Adolescents de l’Univers (Отроки во Вселенной), de Richard Viktorov (1974). Dans le premier volet, un vaisseau partait de la Terre, avec à son bord un équipage d’adolescents. Le voyage devant durer de nombreuses années, ils étaient supposés arriver adultes à leur destination. Mais un incident a considérablement accéléré les choses, et lorsqu’ils parviennent à leur but, seules quelques minutes se sont écoulées, tandis que sur Terre, leurs anciens camarades ont déjà largement entamé leur vie d’adulte.

kinopoisk.ruIls découvrent une planète d’où est parti un signal de détresse. Trois d’entre eux utilisent un module d’atterrissage et partent en exploration. Ils découvrent un monde habité d’étranges personnages qui semblent dénués d’émotions.

Otroki1Parallèlement, ceux qui sont restés à bord du vaisseau reçoivent la visite d’un groupe d’extraterrestres, ceux qui ont réellement envoyé le signal de détresse. Eux aussi viennent de ce monde : ils en ont été chassés par des robots qui ont déshumanisé le reste de la population en supprimant toute forme d’émotion, au motif qu’ainsi la société se porte mieux. Le groupe d’adolescents va alors aider les survivants à regagner leur monde.

Otroki5Ce deuxième volet s’avère bien plus ambitieux et étonnant que le premier. Certes, les héros sont toujours ces adolescents sortis du komsomol : courageux, solidaires, bref, parfaitement soviétiques. Mais ils ont aussi leurs problèmes d’adolescents, leur sensibilité.

Otroki2Le monde qu’ils visitent est clairement étrange. Décors, costumes, ambiance sonore : on frôle parfois le surréalisme. Mais on frôle parfois aussi le kitsch voire le ridicule, avec ces robots de basse classe, non hostiles, mais visuellement ringard.

Otroki4Les Adolescent de l’Univers est au final une expérience visuelle pour le moins curieuse, qu’il faut tenter un jour. Notons pour finir que même s’il s’agit d’un film de science-fiction, comme celui-ci s’adresse aux enfants et aux adolescents, on y trouve un curieux personnage jouant le rôle du narrateur, un narrateur omniscient et doué de certains pouvoir : cela transforme le film en une sorte de conte merveilleux hybride.

Emilis Vėlyvis – Les Gardiens de la nuit (2016)

Night0Les Gardiens de la nuit (Ночные стражи, 2016), est un film du réalisateur d’origine lituanienne Emilis Vėlyvis sorti en France directement en DVD, affublé d’un gros Nightwatchmen sur la jaquette, des fois que nous soyons trop bêtes pour comprendre un titre en français. Le contenu du DVD est d’ailleurs à l’avenant : nous avons le droit à la version française (avec des doublages que pudiquement nous qualifierons de médiocres, faits sur un texte de toute évidence traduit de l’anglais) et à la version anglaise sous titrée en français. La version russe ? Ça sert à quoi, la version russe ? Une fois de plus, on peut constater que les éditeurs français de DVD non-anglo-saxons ont le plus grand respect pour les œuvres qu’ils diffusent. Bref, ça n’est pas la première fois que nous remarquons cette pratique anormale : certes, il s’agit là d’un film populaire, mais pourquoi ne mériterait-il pas le même traitement que les films classés « art et essais » ou les sélectionnés au festival de Cannes ?

Passons.

Les Gardiens de la nuit, c’est donc un film fantastique qui se passe dans le Moscou actuel. Pacha est un jeune coursier. Lors d’une tournée, il apprend qu’une chanteuse d’origine Lituanienne a disparu. Or, en faisant une livraison dans un hôtel de luxe, il croise cette chanteuse, qui vient d’y louer une chambre. Pacha soudoie alors un employé et peut accéder à la chambre de la jeune femme pour lui demander un autographe. Mais voilà qu’une bande de vampires surgit pour attaquer la chanteuse, et juste après, une troupe de nettoyeurs débarque pour combattre ces vampires. Choqué, Pacha s’enfuit avec la jeune femme et au passage, sans le vouloir, tue un vampire.

Il découvre alors l’existence de tout un service fédéral de sécurité, caché dans le métro, censé être une police encadrant les actions des créatures surnaturelles, qui, il y a longtemps, ont passé un pacte avec les humains afin de faire cesser un conflit millénaire. Mais voilà qu’un vampire qu’on croyait mort refait surface et menace de bousculer cet ordre établi.

« Vampires », oui, il s’agit bien de vampires, même si selon la « traduction » française, on nous parle de « goules ». Nous avons vérifié : dans Google Translate, le mot russe oupyr (« vampire ») est bien « traduit » par « goule » ! Mais ne revenons pas sur ce problème qui fache.

NightQue vaut le film ? Eh bien, ça se regarde. Certes, la jaquette du DVD pourrait faire penser à une copie de Underworld, ce qui ne peut que faire peur, tant ce film était mauvais, mais il s’agit plutôt d’une sorte de mélange entre Nightwatch de Timur Bekmambetov, et de Men in Black de Barry Sonnefeld, ce dernier film étant d’ailleurs expressément cité. On y trouvera aussi de grosses allusions à Buffy contre les vampires, ce qui explique sans doute le fait que le grand méchant est un blond peroxydé : Spike est passé par là.

Night2C’est aussi au final un film qui s’adresse sans doute en priorité aux adolescents, et qui ne se prend jamais tout à fait au sérieux, ce qui lui permet d’aller jusqu’au bout dans le grotesque (qu’on songe à l’arsenal des agents du service de sécurité), sans jamais être ridicule : on est bien face à un film de genre, bien conçu, bien réalisé et bien joué. Le film idéal pour se détendre sans trop réfléchir, et sans pour autant avoir l’impression de perdre son temps.

Richard Viktorov – Moscou-Cassiopée (1973)

kinopoisk.ruSi Richard Viktorov a pu travailler sur des films très divers, et notamment des films de guerre, c’est pour ses films de science-fiction qu’il est le plus connu. Nous avons vu que son Épineux chemin des étoiles (1981), était fort sympathique, mais c’est surtout un diptyque, Moscou-Cassiopée (1973) et Les Adolescents de l’espace (1974), qui l’a rendu célèbre.

Viktor est un écolier studieux : à 14 ans, il passe pour un petit génie, ce qui l’amène à faire une présentation devant toute sa classe et une poignée de scientifique, d’un vaisseau interstellaire dont il a conçu les plans. Bien sûr, cela lui attire les moqueries d’une partie de ses camarades. Mais l’un des savants reconnaît sa valeur et accepte de l’intégrer à un programme pour le moins ambitieux.

L’URSS est en effet en train d’armer un vaisseau spatial, qui sera envoyé vers Alpha de Cassiopée. Un mystérieux signal a en effet été capté, venant de cette étoile. Mais le voyage sera terriblement long, plusieurs dizaines d’années. Aussi fait-on le choix de ne prendre à bord que des adolescents de 14 ans maximum, qui devraient avoir 40 ans lorsqu’ils arriveront sur place. Viktor et un de ses camarades est sélectionné pour faire partie des trois garçons d’un équipage qui comprendra aussi trois filles. Et en route pour l’aventure.

kinopoisk.ruLes films de science-fiction qui ne s’adressent qu’au jeune public sont rares, et Moscou-Cassiopée (Москва-Кассиопея) est de ceux-là. C’est un film qui s’adresse expressément aux pionniers et aux komsomols. De fait, l’unique journal qu’on y montre est la Komsomolskaya Pravda.

Tous ces jeunes gens, sauf un, sont bien sages et studieux, dans leur chemise blanche, le foulard rouge autour du cou. Et par cet aspect-là, le film a sans doute sérieusement vieilli. De nos jours, on aurait bien du mal à s’imaginer des filles de 14 ans avec de si charmants nœuds blancs dans les cheveux.

kinopoisk.ruMais à côté de cet aspect vieillot, cela reste un film fort sympathique. L’action, qui pour ce premier volet ne s’intéresse qu’à la phase de sélection et au voyage de l’équipage, est bien rythmée, entrecoupée de quelques gags bienvenus. Visuellement, on voit bien qu’il s’agit d’un film des années 1970 – les écrans de la salle de pilotage sont en noir et blanc ! –, mais les trucages sont très corrects pour l’époque, et l’idée qui est donnée de l’intérieur du vaisseau est détaillée. On y trouve même un élément original : le voyage étant prévu pour durer longtemps, on a équipé l’engin d’une salle permettant aux membres de l’équipage d’évoluer dans un environnement virtuel… ce qui est ni plus ni moins que l’équivalent du holodeck de la série Star Trek.

kinopoisk.ruOn notera pour l’anecdote que lorsqu’une visite du vaisseau est organisée, avant son départ, à l’intention des journalistes, il se trouve parmi ceux-ci un Français, qui travaille pour le magazine Pif. Petit clins-d’œil à la jeunesse communiste française.