Irina Povolotskaya – La Fleur écarlate (1978)

ScarlettLe cinéma soviétique n’a jamais rechigné à porter à l’écran les contes merveilleux issus du folklore russe. Des réalisateurs tels qu’Alexandre Roou ou Alexandre Ptouchki sont devenus célèbres en exploitant cette veine. La Fleur écarlate (Аленький цветочек, 1978) d’Irina Povolotskaya est moins connu sous nos contrées. Il s’agit de l’adaptation d’un conte fameux de Sergueï Aksakov, lui même étant une version russe du conte-type « La Belle et la bête ».

Un marchand vit dans un village avec ses trois grandes filles. Alors qu’il doit partir pour un nouveau voyage, ses deux aînées lui demande de revenir avec des objets précieux. La cadette, sa préférée, ne lui demande qu’une fleur écarlate. Perplexe, l’homme s’en va. Et en chemin, il trouve successivement, sans rien faire, le bijou et le miroir précieux, mais de la fleur écarlate, il n’aperçoit que l’éclat.

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Il abandonne ses marchandises, traverse en barque un lac, et se retrouve dans un étrange manoir, qui au premier abord, semble abandonné, mais qui est toujours habité par une étrange châtelaine sortie d’un antique portrait et son serviteur. Et dans le parc, une créature monstrueuse erre. Or c’est elle qui possède la fleur écarlate. Puni pour l’avoir cueillie, le marchand obtient cependant le droit de retourner brièvement au village. Là, sa fille, qui a le don de commander aux animaux, parvient à prendre sa place et à se rendre au manoir, où elle apprendra à connaître le monstre.

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Étrange film que celui-ci. Réalisé sans grands moyens, il est supposé être un film pour enfants, et se révèle pour le moins inquiétant, voire angoissant. La faute – si l’on peut dire – en est d’abord à la musique, signée Edisson Denissov, tout en violons discordants. Mais aussi à une réalisation curieuse, qui joue sur l’étrangeté des couleurs.

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En effet, lorsque les personnages parviennent aux abords et dans le manoir, tout devient gris et orange. Une étrangeté chromatique dont jouera aussi Andreï Tarkovski dans Stalker, un film dont les couleurs ne deviennent naturelles que lorsque ses personnages pénètrent dans la zone. Bien plus tard, le Japonais Mamoru Oshii reprendra cette idée Avalon.

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Le manoir et ses habitants lui-même sont étranges. Ils semblent clairement hors du temps. Le style du costume des acteurs, du mobilier, varie du XVIIe au XIXe siècle. Un choix bien évidemment volontaire qui ajoute à l’étrangeté du film. Un film qui est d’ailleurs loin d’être parfait. Le monstre, un acteur couvert de mousse et de fougère, est ridicule. Les acteurs secondaires interprétant les villageois semblent s’ennuyer à mourir: ils sont plantés là, à chanter sottement, sans rien faire. Heureusement, il n’en est pas de même des acteurs principaux, excellents.

Au final, La Fleur écarlate est un film boiteux, imparfait. Mais il reste une expérience visuelle surprenante.

Il a été édité en DVD par RUSCICO, et si la jaquette est en anglais, on y trouve bien une version et des sous-titres français.

 

 

 

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