Egor Baranov – Les Chroniques de Viy (2017-2018)

Sorties en DVD isolés ou en coffret, Les Chroniques de Viy, de Egor Baranov, dont le titre original est tout simplement Gogol (2017-2018), sont un objet cinématographique bâtard. En effet, cela se présente sous la forme d’une trilogie, mais il s’agit en réalité d’une minisérie, car chaque film contient lui-même deux volets ayant chacun leur histoire propre, le tout articulé à l’aide d’un fil narratif qui réapparaît d’un volet à l’autre.

Mais de quoi est-il question?

Nous sommes au début du XIXe siècle. Le jeune Nicolas Gogol est monté à Saint-Pétersbourg dans l’espoir de rencontrer Alexandre Pouchkine, et de faire carrière en littérature. Hélas, le premier poème qu’il a publié est un échec, aussi court-il d’une librairie à l’autre pour en racheter tous les exemplaires et les brûler. En attendant, il se fait simple secrétaire, jusqu’à sa rencontre avec un tout-puissant officier de la police secrète, lequel découvre le don particulier du jeune auteur: à l’aide de visions extra-lucides, il peut reconstituer une scène de crime et aider à découvrir le coupable.

Aussi l’inspecteur Guro l’embauche-t-il, est ensemble, ils se rendent en Ukraine, près du hameau de Dikanka, résoudre une affaire étrange: un mystérieux cavalier, aussi insaisissable qu’invulnérable, a déjà tué plusieurs personnes dans des circonstances qui semblent surnaturelles. Guro et Gogol vont donc s’installer dans ce village arriéré et loin de tout, et découvrir au passage ses habitants, mais aussi les créatures qui le hantent – toutes celles que Gogol, le vrai, a placées dans ses nouvelles.

N’en doutons pas: le pari de Baranov de faire de Gogol un névrosé aux talents surnaturels peut surprendre. Il est tout aussi culotté de voir l’écrivain plongé au sein de sa propre création. Mais pourquoi pas, après tout? Les Chroniques de Viy ne sont pas le moins du monde une œuvre historique, mais bien une trilogie fantastique, dans laquelle la fantaisie a toute sa place.

Servie par un casting parfait, basée sur une reconstitution minutieuse des costumes et des décors, ponctuée de touches d’humour bienvenues et de clins d’œil à la littérature d’alors, la trilogie de Baranov offre un cinéma populaire qui ne fera crier personne au génie, mais qui remplit son rôle de distraction intelligente, à la différence du grotesque Viy 3D, d’Oleg Steptchenko, sorti en 2014.

 

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