Kristina Buožytė – Aurora (Vanishing Waves) – 2012

Aurora0Il a déjà été question sur ce blog de production ukrainiennes ou estoniennes, personne ne devra donc s’étonner s’il sera question maintenant d’un film de science-fiction lituanien sorti en 2012: nous restons dans le cadre de l’ex-espace soviétique.

Aurora, sorti sous le titre international de Vanishing Waves, est une coproduction lituano-belgo-française, deuxième long métrage de la réalisatrice Kristina Buožytė. C’est aussi, à priori, le premier film de science-fiction réalisé en Lituanie.

Lukas est un expert en neurosciences. Il participe à une collaboration internationale autour d’un prototype d’appareil visant à explorer l’inconscient des gens. La première expérience doit se faire sur une jeune femme plongée dans le comas. Le crâne rasé, équipé d’électrodes, il est plongé dans un sarcophage rempli d’eau et connecté à l’esprit de la patiente. Très vite, il va rencontrer des paysages étranges, des architectures curieuses.

Aurora1Lukas est aussi un trentenaire dont la vie sentimentale bat de l’aile. Et bientôt, au fil des expériences, il rencontre ce qu’il pense être l’esprit d’Aurora, la jeune femme. Un esprit troublé, empli de mystère. Un esprit sensuel, aussi.

Aurora2Perturbé, Lukas omet de rapporter cette rencontre à ses collègues, et va se laisser aller à approfondir ce contact avec Aurora, au point que l’on est amené à se demander qui est le vrai patient…

Étrange film que ce Vanishing Waves. Résolument moderne, il appartient cependant à un courant cinématographique qui est typiquement soviétique. L’empreinte d’Andreï Tarkovski sur la réalisatrice semble être immense. Lent, hypnotique, souvent silencieux, il berce le spectateur pour mieux le plonger, brusquement, dans les fantasmes et les angoisses de Lukas et d’Aurora.

Aurora4Cette mise en scène est elle-même servi par la magnifique musique du Suédois Peter von Poehl, qui délaisse ici la chanson pop pour offrir une sorte de croisement inattendu entre Jean Sibelius, Henryk Górecki et Arvo Pärt.

Sans être un chef-d’œuvre, Vanishing Waves est un beau film troublant et sensible. Malgré toutes ses qualités, il n’a semble-t-il même pas été diffusé en Lituanie-même, faute d’être assez commercial. À l’international, certaines éditions du DVD ont été publiées avec la mention « interdit au moins de 18 ans », interdiction bien excessive, mais qui n’a pas dû aider à faire connaître ce film.