Alexandre Roou – Vassilissa la Belle (1939)

Vassilissa0Dès l’époque de Staline, le cinéma soviétique s’est signalé par ses adaptations des contes populaires merveilleux. Une situation qui peut sembler paradoxale, puisque le fantastique était un genre quasi-inexistant que ce soit en littérature ou au cinéma, mais les contes, eux-mêmes, considérés comme l’expression du génie populaire, sont passés entre les mailles du filet.

Et l’un des grands maîtres du conte merveilleux russe au cinéma est Alexandre Roou. Vassilissa la Belle (Василиса Прекрасная), sorti en 1939, est son second long métrage.

Au milieu de la steppe, dans une masure en bois, vit un vieillard et ses trois fils, tous célibataires. Fatigué de devoir leur servir de bonne, le vieillard décide de les marier. Pour cela, chacun doit tirer une flèche, et épouser celle près de qui la flèche tombera. Ainsi, le premier doit épouser une fille noble, le second une fille de marchand, et Ivan, le cadet… une grenouille! Car sa flèche est tombée dans un étang, près d’une fleur de nénuphar.

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Toutefois, en l’absence des hommes, une belle jeune femme sort de la peau de grenouille. Jalouses, les deux autres brulent la peau, mais ainsi, Vassilissa – car il s’agit d’elle –, se retrouve sous l’emprise de Zmei Goronitch (Dragon de la Montagne), et enfermée sous la garde de Baba Yaga.

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Vassilissa la Belle est loin d’être un chef-d’œuvre. Comme beaucoup de films soviétiques de ce genre, il souffre d’un gros défaut: les acteurs, et en premier lieu Sergueï Stoliarov, habitué à ce genre de film, sont assez médiocres, et la pauvreté des dialogues ne les aide pas. Il en est un cependant qui sort du lot: Georgui Milliar dans le rôle… de Baba Yaga. Un rôle qu’il réendossera à plusieurs reprises durant les décennies suivantes.

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Aussi, si la première partie, qui se déroule à la ferme, est assez lourde et ennuyeuse, pour ne pas dire profondément misogyne, la seconde partie, en revanche, qui narre les aventures d’Ivan et la détention de Vassilissa, est remarquable. Le ton change du tout au tout: Vassilissa la Belle, jusque là film vaguement comique, devient un pur film d’aventures merveilleuses. Et un film particulièrement inventif. Le palais de Zmei Goronitch est exceptionnel du point de vue architectural. La scène de la confrontation d’Ivan avec une araignée géante qui lui pose des énigmes n’est pas sans rappeler la fameuse Arachne du Seigneur des Anneaux.

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Et puis il y a ce dragon tricéphale, certes encore maladroit, par rapport à celui qui apparaîtra dans Ilya Mouromets d’Alexandre Ptouchko, mais tellement fabuleux pour l’époque.

Le film est disponible en DVD chez Ruscico, avec des éditions allemande ou anglaise (mais chacune avec une version française). Les sous-titres sont de qualité. Il n’en est pas de même de l’image, qui n’a hélas fait l’objet d’aucune restauration, et est parfois assez médiocre.

 

 

 

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