Vassili Levine – Le Capitaine Nemo (1975)

kinopoisk.ruJules Verne a toujours été considéré comme un auteur important en Russie, et du temps de l’URSS, il était un modèle pour les auteurs de science-fiction. Que son œuvre y ait été adaptée à l’écran n’a donc pas de quoi surprendre. Ce sont les studios ukrainiens d’Odessa qui s’en sont notamment chargé en 1975, en produisant pour la télévision une mini-série consacrée au capitaine Nemo, réalisée par Vassili Levine.

Il s’agit bien entendu d’une adaptation de 20000 lieues sous les mers, mais une adaptation qui se permet de prendre quelques libertés avec l’œuvre originelle. Je ne ferai pas ici l’injure de résumer l’intrigue. Notons juste en quoi cette mini-série, de trois épisodes d’un peu plus d’une heure chacun, s’en distingue. Le changement de titre est motivé par le fait que l’accent n’est pas vraiment mis sur l’exploit qu’était au XIXe siècle la navigation sous les mers, ni sur le Nautilus, cet incroyable sous-marin électrique, mais sur la personne du capitaine Nemo.

Nemo-2On savait par le roman L’Île mystérieuse, que Nemo était un prince indien. Mais ici les scénaristes s’en sont allés piocher dans un autre ouvrage de Verne, La Maison à vapeur, des éléments de biographie d’un chef de la révolte de Cipayes, pour les attribuer à Nemo, lequel devient donc un prince vaincu par les Anglais, qui n’a depuis de cesse de venir en aide aux peuples victimes du colonialisme. Il s’oppose ainsi clairement au professeur Pierre Aronnax, son hôte involontaire, qui vante les mérites de la France, laquelle est en train « d’apporter la civilisation » au Mexique, en Afrique et en Cochinchine.

Certes, cela peut paraître surprenant de voir ainsi Nemo transformé, jusque dans son apparence physique, en une sorte de Che Guevara avant l’heure. Mais cela fonctionne bien. Le scénario est solide, bien rythmé, intelligent.

Nemo-3La réalisation cependant n’est pas tout à fait à la hauteur des ambitions du réalisateur. Certes, de gros moyens pour l’époque ont été employés, avec la construction de maquettes, d’un décor intérieur visant à reconstituer le Nautilus d’une façon aussi crédible que possible. Des trésors d’astuce ont été déployés pour montrer les scènes sous-marines, durant lesquelles l’équipage et ses trois prisonniers – Aronnax, Conseil et Ned Land – sortent en scaphandre explorer les fonds marins.

Nemo-4Mais les caméras employées sont celles de la télévision: l’image n’est guère stable, les couleurs sont passablement ternes – alors qu’elles auraient mérité d’être éclatantes, justement, durant ces scènes de plongée. Cela vient quelque peu ternir cette mini-série pour le reste remarquable. En revanche, la musique d’Alexandre Zatsepine vient souvent relever agréablement l’image.

Nemo-5Il n’existe à ma connaissance hélas pas de version française disponible sur le marché.

 

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