Youri Kovalev – Forteresse (2017)

Forteresse0Le film dont il va être question ici est ukrainien. Alors tant pis si ce blog s’appelle Russkaya Fantastika, mais après, s’il y est question de cinéma soviétique, il doit bien pouvoir être possible d’y parler aussi du cinéma des ex-républiques soviétiques. Il sera d’ailleurs question dans les semaines à venir d’un film lituanien.

Mais pour l’instant, parlons donc de Forteresse (Сторожова застава, Le Corps de garde), de Youri Kovalev (crédité Yuriy Kovaliov, à l’anglaise, dans l’édition française).

Il s’agit là de l’adaptation d’un roman de Volodymyr Routkivski, totalement inconnu sous nos cieux, mais écrivain connu pour la jeunesse en Ukraine. L’histoire en elle-même se base sur une trame maintenant banale: un adolescent, victime dans son enfance d’un accident de la route et qui depuis ne supporte plus de se retrouver en hauteur – cela va au-delà d’un simple vertige –, accepte d’accompagner cependant sa classe lors d’une sortie en montagne pour aller observer une éclipse solaire. Mais alors qu’il se trouve séparé du groupe avec un camarade, il tombe dans un trou qui le propulse… mille ans dans le passé.

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Ce passé n’est pas à proprement parler un passé historique, puisqu’il tombe non loin d’un poste de garde occupé par des soldats de la Rus’ faisant face aux envahisseurs polovtses. Ces soldats ne sont pas n’importe qui, puisqu’ils ont à leur tête les fameux Ilya Mouromets, Dobrynia Nikititch et Aliocha… pardon Olechka, Popovitch, les trois puissants bogatyrs de Kiev.

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Face à eux, un khan polovtse et sa horde, aidé d’un puissant chaman. Or en cherchant un moyen de retourner chez lui, en son temps, Vitko, le héros, va découvrir la pierre de Perun, un artefact qui attirera la convoitise du chaman.

Avec Forteresse, nous avons donc clairement affaire à un récit du même type que Narnia, ou que L’Histoire sans fin. Un garçon de notre temps, projeté dans un monde de magie, va se retrouver au coeur d’un conflit dont il sera la clé. Mais plutôt que d’inventer un monde imaginaire, le cadre choisi ici est la Rus’ de Kiev, telle qu’elle est retranscrite dans les récits folkloriques russes, biélorusses, et bien sûr ukrainien, puisqu’il s’agit là d’un folklore commun à ces trois nations.

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On se retrouve donc face à une histoire plutôt banale, au déroulement convenu. Cependant, il faut noter qu’il s’agit d’un film destiné aux enfants et aux jeunes adolescents. Et à ce titre, il remplit parfaitement bien son office. On nous épargne ainsi d’inutile plans gore lors des combats, et si les acteurs cabotinent parfois, cela reste tout à fait raisonnable.

La réalisation est tout à faire remarquable, d’autant plus qu’il s’agit du premier long-métrage de Kovalev. Alors même que le budget était ridiculement petit pour un film de fantasy (moins de 1,5 millions d’euros!), décors et costumes tiennent la route, et les effets numériques sont spectaculaires – notamment pour ce qui concerne le golem suscité par le chaman.

Sans être un grand film, Forteresse s’avère donc tout à fait sympathique. Il est disponible en France en DVD, avec version française et version ukrainienne (et non russe comme indiqué sur le boîtier!) sous-titrée.

 

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