Grigori Komarov – L’Auberge de l’Alpiniste mort (1979)

HotelL’Auberge de l’Alpiniste mort (Отель «У погибшего альпиниста») des frères Strougatski est un petit bijou de satire et d’absurde, mêlant polar et SF. Traduit en 1988 en français par Antoine Volodine, il n’a malheureusement jamais été réédité. Il y a cependant eu depuis un jeu vidéo, Le Pic rouge, chez Akella, en 2008, un jeu visuellement sympathique, mais ennuyeux au possible. Totalement méconnu dans notre pays, le roman a cependant connu quatre adaptation à l’écran, dont une de la part d’amateurs en Russie en 2012. Deux autres adaptations sont polonaises, en 1976 et 1993. Enfin, la plus connue (en Russie du moins), est celle de Grigori Komarov, sortie en 1979 et produite par les studios Tallinn Films en Estonie.

Le scénario est signé par les frères Strougatski eux-mêmes, et il est particulièrement fidèle au roman. Un inspecteur de police, Glebski, arrive dans un hôtel de haute montagne, ici visiblement en Suisse francophone. Il y découvre tout un groupe de vacanciers plus ou moins étranges, servis par un gérant débonnaire, son employée, et un chien, un énorme Saint-Bernard nommé Lel et curieusement aussi intelligent qu’un humain. Mais voilà qu’un jour, un de ses vacanciers semble avoir été tué, et Glebski va devoir endosser le rôle de l’enquêteur, ce qui sera l’occasion de découvrir plus en détail ces étranges vacanciers.

On se gardera bien évidemment de dévoiler ici la chute de cette histoire, tout au plus dira-t-on qu’elle est, on l’a dit, fidèle au roman. Le scénario est bien troussé, peut-être aurait-il fallu que le film soit un tout petit peu plus long pour être plus clair. On notera aussi que ce scénario gomme certains aspects du roman qui auraient pu passer pour scandaleux. Ainsi l’adolescent(e) Brun, lourdement dragué(e) par Glebski lors d’une soirée d’ivresse, est dans le roman un personnage androgyne dont on ne connaîtra jamais le sexe : dans le film, elle est une jeune femme tout ce qu’il y a de plus normale.

L’Auberge de l’Alpiniste mort aurait donc pu être un bon film… sauf que la réalisation n’est clairement pas à la hauteur. Doté des moyens d’un simple téléfilm, Komarov offre à voir un film sombre, glauque, moche à souhait, à tel point qu’il est impossible de présenter ici des captures d’écran présentables. Le jeu des acteurs, correct mais sans plus, est totalement desservi par des cadrages qui semblent avoir été réalisés au petit bonheur la chance. Bref, ce film est laid. Il n’y a pas d’autre mot.

Le seul élément qui puisse le sauver est toutefois la musique, signée du formidable compositeur estonien Sven Grünberg, qui s’avère ici au niveau d’un Edouard Artemiev ou d’un Vangelis en grande forme : la bande son qu’il offre ici est superbe.

On peut d’ailleurs écouter sur cet album le travail réalisé par Grünberg à cette époque :

Il n’existe à notre connaissance pas de DVD avec version ou sous-titres français. Le DVD commercialisé par Ruscico ne comprend que la version russe.

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