Roustam Mossafir – Le Scythe (2018)

kinopoisk.ruNous n’attendions rien de particulier du Scythe (Скиф– 2018) de Roustam Mossafir. Depuis quelques années, les films pseudo-historiques sur le Moyen Âge russe sont légion, et ils sont loin d’être toujours bons, et il était difficile de se faire un avis sur le réalisateur, qui n’a encore que peu de choses à son actif.

Et pourtant, Le Scythe est une excellente surprise. Nous sommes au temps où le prince Oleg fils de Sviatoslav règne sur la principauté de Tmoutarakan, au nord de la mer Noire.

kinopoisk.ruPour cela, s’il s’est allié à des Polovtses, des cavaliers turcophones, qui n’attendent qu’une chose : pouvoir se débarrasser de lui. Lorsqu’une ambassade venue de Kiev arrive, Oleg fait l’objet d’une tentative d’assassinat, déjouée par son garde du corps, Lyoutobor. Ce dernier rentre ensuite chez lui, où se femme vient d’accoucher. Mais dans la nuit qui suit, de mystérieux guerriers, déguisés en musiciens ambulants, enlèvent la femme et le bébé de Lyoutobor. Pire : quand il rejoint le palais d’Oleg, on l’accuse de tentative d’assassinat. C’est du moins la version officielle : Oleg a fait semblant d’être empoisonné, pour accuser Lyoutobor et forcer ses véritables ennemis à se montrer.

kinopoisk.ruLyoutobor s’enfuit. Il s’associe à l’un des assaillants de sa demeure, qui avait été capturé, et le force à le guider vers les siens, au fin fond de la steppe.

kinopoisk.ruLe Scythe est en Russie un film qui a été interdit aux moins de 18 ans, et on comprend dès les premières minutes pourquoi : il y a sans doute autant de morts que de minutes de pellicule. Ce film est extrêmement violent, sauvage, brutal. Mais on aurait tort de s’arrêter à ça. La réalisation est d’une vivacité rare, et, contrairement à nombre de films d’action de ce genre, elle n’abuse pas des effets de ralenti : les combats y sont d’autant plus crus. De plus, la photographie est magnifique, et un soin tout particulier a été apporté aux costumes et aux maquillages, qui sont superbes.

kinopoisk.ruLe scénario quant à lui est d’une efficacité remarquable, il est même retors à souhait et nous épargne le traditionnel happy end des films de ce genre, préférant une fin ambiguë et ouverte.

C’est un monde cru, sale, empli de sang et de sueur, que nous présente Roustam Mossafir. Mais, il faut bien le noter, un monde qui n’a jamais existé : Le Scythe est un film de fantasy, et il est tout à fait vain d’y voir un film historique. La magie est bien présente, même si c’est par petites touches. Les anciens dieux sont toujours là et le christianisme n’est qu’une façade. Les populations que l’on croise, telles que le peuple de la forêt, adorateur de Veles, sont fantaisistes, de même que cette tribu scythe, formée des ultimes survivants des antiques occupants de la steppe.

Le Scythe est en fait l’hybride parfait d’un Mad Max de George Miller et de Hero de Zhang Yimou. Quand on pense que le film russe a été doté d’un budget de moins de deux millions d’euros, on peut rester songeur.

Nous ignorons ce que vaut le DVD français de ce film, sorti sous le titre de Rage. Sans doute est-il, comme tous les autres, traduit de l’anglais. Mais nous noterons pour une fois que le changement de titre est bienvenu, car il y a énormément de rage dans Le Scythe.

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