Evgueni Cherstobitov – La Nébuleuse d’Andromède (1967)

Nebuleuse0Lorsque le fameux roman d’Ivan Efremov, La Nébuleuse d’Andromède, est paru à la fin des années 1950, celui-ci a été l’occasion d’une petite révolution littéraire. Efremov offrait dans son roman un futur utopique, dans lequel l’humanité fait partie d’une vaste communauté galactique, le Grand Anneau, un cercle de communication interstellaire contournant le noyau de la galaxie. Son succès fut immense et immédiat, avec plusieurs millions d’exemplaires vendus en quelques mois. Et cela a provoqué la résurrection de la science-fiction soviétique, moribonde sous Staline.

Il était évident que ce roman devait être adapté aussi cinéma. Mais il fallut cependant attendre plus de dix ans pour que cela soit réalisé, encore que l’histoire soit restée inachevée.

Il était en effet prévu plusieurs films, en tout cas au moins deux, pour adapter l’ensemble du roman, mais le décès d’un des acteurs principaux Sergueï Stoliarov (Dar Veter), en 1969, a mis fin à cette ambition.

Deux fils narratifs se croisent dans ce film. L’un prend place sur terre, autour de Dar Veter, qui a la charge des communications avec le Grand Anneau. Ces passages, très lents et didactiques, ont au moins l’avant de nous présenter le concept de ce grand anneau : un réseau de communication avec d’autres mondes, si gourmand en énergie que l’on demande, avant chaque envoi, aux usines et infrastructures de limiter leur consommation énergétique. Les messages envoyés le sont à la vitesse de la lumière : les desservants de la station savent donc qu’ils reçoivent des messages envoyés des siècles auparavant, par des gens maintenant morts, et qu’il en sera de même pour eux lorsque leurs propres messages seront reçus.

L’autre fil se déroule selon les aventures du Tantra, un vaisseau envoyé explorer la galaxie. Celui-ci manque une rencontre avec un cargo ravitailleur, et pire, il tombe sous l’emprise d’un étoile de fer, de la gravité est si forte qu’elle l’empêche de s’échapper. Le vaisseau en est réduit à se poser sur une planète hostile, sur laquelle l’équipage découvre l’épave d’un appareil extraterrestre.

Avec un tel scénario, le film aurait pu être beau. Hélas, c’est un rattage.

Nebuleuse2L’image est laide, tout en dégradés de marron (certes une couleur à la mode à cette époque). Les acteurs sont aussi figés que dans un mauvais peplum, et leur jeu n’est jamais naturel. Lorsque l’équipage du Tantra apprend qu’il va être coincé plus de vingt ans autour de l’étoile de fer, aucun des personnages ne semble choqué, ou au moins étonné : ils sont tous figés, comme si cela leur était égal.

Nebuleuse1Sur Terre, Sergueï Stoliarov, bien que vêtu à la dernière mode de ce futur lointain, n’a pas changé de coiffure depuis les années 1920, et semble momifié.

Cette laideur n’est hélas pas compensée par le rythme, lent, qui rend rapidement le film soporifique.

Il existe deux versions du film : la version originale, de 1967, d’une durée de 75 minutes, et une version abrégée des années 80 (68 min.) : de cette seconde version, qui est hélas celle que nous avons vue, les dialogues jugés trop idéologiques ont été coupés, d’où parfois des plans très saccadés, et les voix ont été réenregistrées, ce qui donne un résultat absolument pas naturel.

2 commentaires sur “Evgueni Cherstobitov – La Nébuleuse d’Andromède (1967)

  1. Quel dommage ! « La Nébuleuse d’Andromède » est l’un de mes livres de prédilection, découvert avant même « Dune » et je regrette qu’il ne soit pas servi par une adaptation digne de ce nom.

    Ce livre est-il encore lu et apprécié en Russie ?

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