Vassili Levine – La Boucle d’Orion (1980)

Les boucles temporelles, ce thème cher à la science-fiction, existent bel et bien. En effet les éditions RUSCICO, qui commercialisent à l’international le cinéma russe et soviétique, ont démontré en 2005 que l’on pouvait tourner en 1980 un film des années 1950. Ces propos vous semblent obscurs ? Voilà quelques explications…

En 1980, les studios de cinéma d’Odessa (Ukraine), produisent un film de Vassili Levine, La Boucle d’Orion (Петля Ориона), sur la base d’un scénario de Valentin Selivanov et de l’ancien cosmonaute Alexeï Leonov, bien connu par ailleurs pour ses œuvres de space art (dont quelques-unes sont dans le portfolio de notre anthologie Dimension URSS (2009, Rivière Blanche).

L’intrigue de ce film est fort simple : dans un futur proche, plusieurs vaisseaux spatiaux se sont retrouvés à proximité d’un étrange nuage qui a plongé leur équipage dans la folie. Pire : le nuage en question semble se rapprocher dangereusement de la Terre. Fort heureusement, l’Union Soviétique est à même d’armer un vaisseau extrêmement perfectionné, le Phaéton, avec à son bord une équipe de scientifiques dont chaque membre est associé à un double cybernétique (un clone robotique), ce qui permet ainsi une veille permanente.

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Ici le spécialiste en cybernétique du Phaéton et son double robotique (en combinaison noire)

Ces experts vont donc ce lancer au-devant du danger et tâcher de comprendre ce qu’est cet artefact (car la chose s’avérera bien artificielle) qui semble menacer la Terre. De bons principes, une histoire simple mais efficace : voilà qui aurait pu faire un bon film de distraction. Las, le résultat n’est pas à la hauteur, et il faut sans doute ici blâmer l’absence considérable de moyens.

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Le jouet en fer-blanc – pardon – le Phaéton quitte l’orbite terrestre…

Les scènes spatiales sont en effet particulièrement calamiteuses. Les engins semblent tous faits de plastique, polystyrène et tôle de canette. Tous les effets visuels sont faits par grattages de la pellicule ou peinturlurage. C’est hideux à souhait.

En contrepartie, les scènes d’intérieur sont plutôt réussies : il faut d’ailleurs noter que Leonov semble s’être fait plaisir, en dotant ses cosmonautes d’un confort à la limite du luxe (si l’on veut bien faire abstraction des couleurs, tout droit sorties des années 1970), quand on sait que le Phaéton est un vaisseau d’exploration expérimental.

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Admirez l’extraordinaire bibliothèque de la salle de détente…

On note aussi quelques bonnes idées, comme cette quasi-IA qui pilote le vaisseau :

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Au final, en dépit de son ambition scénaristique, d’un jeu d’acteurs on ne peut plus honnête et de plans parfois surprenants d’audace, La Boucle d’Orion s’avère n’être guère plus brillant qu’un épisode de Cosmos 1999… Ça n’est pas catastrophique au point d’intégrer le catalogue de Nanarland, on ne s’ennuie jamais, mais visuellement, c’est inadmissible, même pour les années 1980.

Ceux qui seraient tout de même intéressés peuvent noter que le DVD est doté d’une bonne version française, ainsi que de sous-titres relativement bien traduits, ce qui n’est pas fréquent pour ce genre de film.

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