Konstantin Maximov – The Interceptor (2009)

Rassurez-vous, Russkaya Fantastika ne va pas se mettre à parler des derniers blockbusters américains à la mode : The Interceptor est simplement le titre international de La Réalité interdite (Запрещенная реальность), un film de science-fiction russe sorti en 2009, et qui va paraître en France le 21 février directement en DVD et Blue Ray. Evidemment, nous avons eu envie de voir la chose… Cependant, à la différence des autres notes que nous avons pu écrire sur le cinéma, nous nous abstiendrons ici de nous livrer à l’exercice fastidieux des captures d’écrans : la bande-annonce française fera bien l’affaire pour illustrer tout ce que nous allons exprimer.

The Interceptor est donc l’adaptation au cinéma d’un des premiers romans de Vassili Golovatchev, Smerch-2, paru en 1994. Golovatchev était encore, alors, dans sa bonne période, nous pouvions donc y aller sans trop d’a priori. Sauf que… Golovatchev est aussi le producteur du film, réalisé par Konstantin Maximov (dont c’est ici le premier fim. Sauf qu’aussi Golovatchev s’y est aussi attribué un petit rôle, apparaissant donc plusieurs fois à l’écran. Cela commence donc à ressembler à un délire mégalomane.

Mais de quoi cela parle-t-il donc ? En Russie, en 2013, deux organisations s’affrontent : les StopCrim, un mouvement qu’on voudrait faire passer pour terroriste et qui s’attaque en fait à la haute corruption, et la société dirigée par un puissant homme politique, Gueorgui Kourylo, lequel cherche à développer une nouvelle arme de destruction massive, une arme psychotrope. Mais au-delà de ces factions humaines luttent des entités extraterrestres, dont les Gardiens du Cénacle (qu’on qualifiera d’emblée de « Gentils », faute d’avoir retenu leurs noms), et le très méchant Konkere, le mal incarné. Et pour combattre Kourylo, incarnation sur Terre de Konkere, on fera appel à un super-agent secret, Matveï Sobolev, combattant indestructible.

On l’aura compris, le scénario ne vole pas bien haut, d’autant plus que nombre d’éléments sont passés à la trappe de l’adaptation à l’écran, rendant nombre de fils narratifs pour le moins obscur car faisant appel au passé du héros, un passé qu’on n’entrevoit quasiment jamais. Ajoutez à cela des dialogues ayant la légèreté de la pensée philosophique de Chuck Norris (du genre : « Quand les choses deviennent trop obscures, le besoin d’être éclairé devient une nécessité », ou encore « Il a vécu comme un guerrier, il est mort comme tel, il renaîtra de la mort en guerrier »), et on pourrait penser que l’on tient là un film du niveau des célébrissimes pompages turcs du cinéma hollywoodien.

En fait, non. Car le réalisateur parvient malgré tout à sauver le film. D’abord en étant remarquable dans les scènes de combat, qui sont d’une grande clarté : il évite les confusions à la Uwe Boll, l’hystérie apparue ces dernières années dans les films d’action à grand spectacle. Chaque mouvement est détaillé, logique, une vraie chorégraphie qu’on pourrait presque rapprocher des scènes d’escrime à la André Hunebelle. Qui plus est, ces scènes ne sont pas accompagnées de l’inévitable musique tatapoumesque (qu’elle soit symphonique ou métal), mais par une électro plutôt zen qui offre un agréable contraste.

Maximov offre aussi au spectateur quelques autres morceaux de bravoure, comme la séquence durant laquelle le héros retrouve sa chérie (une photographe de presse), en train de filmer la maquette d’une ville fantasmagorique. L’image est ici d’une très grande beauté.

Si donc on peut faire sans peine ni regret l’impasse sur ce film, Konstantin Maximov est quant à lui de toute évidence un cinéaste à suivre.

 

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