Chris Gorak – The Darkest Hour (2011)

1462820909Cette note est l’occasion d’une petite infidélité au thème de ce blog, consacré au cinéma russe ou soviétique, avec The Darkest Hour, de Chris Gorak (2011). Certes, il s’agit d’un film américain, mais qui n’en demeure pas moins une copodruction russo-américaine, avec Timur Bekmambetov aux manettes.

Le scénario est maintenant ultra-classique : une nuit, des extraterrestres sortis de nulle part envahissent le monde. Invisibles et sensibles à l’énergie, ils sont invulnérables et en quelques heures le monde est conquis et l’humanité décimée. On a déjà vu cela dans nombre de films hollywoodiens récents, ayant quasiment tous pour cadre les USA.

C’est-là que The Darkest Hour est une première fois original : l’action se passe à Moscou. Deux jeunes blancs-becs, initiateurs d’un projet de réseau social novateur, viennent le présenter à un potentiel partenaire commercial installé en Russie. Mais ils ont à peine débarqué de l’avion qu’ils découvrent que leur projet leur a été volé. Sans ressources juridiques, ils laissent tomber et s’en vont noyer leur déconvenue dans un bar à la mode, pour businessmen et top-modèles, où ils rencontrent deux jeunes américaines en voyage touristique. Et c’est là que les ET débarquent. Les quatre Américains trouvent le moyen de se réfugier dans la réserve du bar, où ils tiennent une semaine avant de se décider à sortir, avec pour premier objectif – simplet – de rejoindre l’ambassade des USA. Mais c’est une Moscou totalement vide, et sillonnée d’ET invisibles, qu’ils vont découvrir.

Le début du film donc n’a rien d’original, les personnages sont exaspérants au possible et du fait que l’action tourne assez rapidement au slasher – ce genre de film d’horreur où des ados un peu niais se font massacrer les uns après les autres – on éprouve presque une forme de soulagement à les voir petit à petit disparaître de l’écran. En revanche, les trucages sont quasi-parfaits – on regrettera juste qu’une fois encore, le réalisateur ait choisi de montrer, au final, l’apparence des ET, alors que ne pas le faire aurait été plus efficace. C’est surtout dans les petits détails auxquels les Russes ou les connaisseurs de la culture russe moderne seront sensibles, que se trouve le sel de ce film.

Nombre d’éléments rappellent en effet les divers univers post-apocalyptiques développés ces dernières années en Russie : Métro 2003, bien sûr (avec les survivants qui ont trouvé refuge dans la Bibliothèque Lénine et qui déclare « passer par le métro parce que c’est plus sûr », mais aussi et surtout Stalker, le roman des Strougatski comme les jeux. Comment détecter un ET invisible ? En jetant devant soi des poignées d’ampoules et de diodes, de la même manière que Redrick jetait des boulons. Quant au décor des scènes finales, il rappellera aux joueurs bien des secteurs à proximité du Bar et de la base du Devoir ! Enfin, l’arme à micro-onde bricolée par l’électricien n’est pas sans rappeler le fusil gauss développé par le Monolithe.
Pour autant, ces éléments purement russes ne sont pas mis réellement en avant : on privilégie le côté américain, jusque dans le jeu des acteurs : les acteurs russes (Petr Fedorov, Gocha Koutsenko, Artour Smolianinov, Dato Kahtadze) sont littéralement sous-exploités. Tous sont célèbres en Russie pour leur participation à de grands films populaires. Mais là, ils ne sont que des ombres, fades et inexpressifs, se demandant ce qu’ils font là. Un beau ratage.

Il s’empêche qu’au final The Darkest Hour se laisse volontiers voir, comme un bon film de détente de fin d’après midi. À ce titre, il est bien meilleur que nombre de ses homologues récents comme Skyline.

Exceptionnellement, nous ne mettrons pas ici de bande-annonce : celles qui existent sont juste lamentables.

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